Contenu

Intégrer un chien de protection dans son troupeau

Utilisé en France jusqu’à la fin du 19ème siècle, le chien de protection a peu à peu disparu de nos campagnes avec la raréfaction des grands prédateurs (ours, lynx, loup). Avec le retour du loup dans les Alpes françaises, et la présence de l’ours dans les Pyrénées, de plus en plus d’éleveurs s’équipent de chiens pour protéger leur troupeau.

L’intégration de ce type de chien dont la seule fonction est de dissuader tout intrus de s’approcher du troupeau, nécessite une réelle technique de mise en place et de suivi.

Le chien de protection des troupeaux est un chien de travail, pas un chien de compagnie et encore moins un chien d’attaque. Sa mission est bien dissociée de celle du chien de conduite qui mène le troupeau et reste attaché au berger/éleveur.

Quatre comportements sont à rechercher :

  1. L’attachement, qui est le lien affectif entre le chien de protection et les animaux du troupeau.
  2. La loyauté, qui est le respect du chien vis à vis des individus composant le troupeau, ainsi que des règles sociales du groupe d’animaux. Cela se traduit par l’absence de prédation, le respect de la quiétude et des activités du troupeau, des comportements d’investigation (reniflage) et de soumission aux animaux du troupeau (détour du regard, oreilles baissées…).
  3. L’aptitude à la protection est caractérisée par un chien qui possède des capacités physiques et psychologiques permettant d’évaluer le niveau de perturbation du troupeau et d’adapter sa réaction à cette situation.
    L’aptitude à la protection est fortement liée à l’attachement du chien aux animaux du troupeau ainsi qu’au phénomène d’apprentissage.
  4. La socialisation à l’homme et à son environnement correspond à l’acceptation par les chiens des activités humaines qui ne perturbent pas le troupeau.

L’intégration de ce type de chien dans un troupeau domestique nécessite une réelle technique de mise en place et de suivi. Pour garantir cette intégration, quelques règles doivent être respectées :
- le chiot doit être issu de parents au travail et être en contact avec l’espèce qu’il devra protéger (ovins, caprins, bovins…) dès sa naissance ;
- le chiot, séparé de tout congénère, sera introduit dans un petit lot de bêtes dociles (jeunes reproductrices ou femelles non suitées) entre 8 semaines et 12 semaines, de préférence en période hivernale.

Pour ce faire l’éleveur doit donc apprendre les ordres de base (bien/mal, rappel, retour au troupeau), manipuler le chien, sociabiliser le chien à l’homme et l’adapter à son environnement (enfants, vélo, moto, chevaux…

L’Institut de l’Élevage (IDELE) propose une formation d’accompagnement technique pour la mise en place et l’utilisation de chiens de protection de troupeaux. Cette formation de conseil technique et opérationnel est possible pour les éleveurs éligible à la mesure de protection des troupeaux contre la prédation, notamment avec la présence ou la mise en place de chiens de protection.

Ci-joint la plaquette de l’accompagnement technique de l’IDELE pour la mise en place de chiens de protection de troupeaux. (format pdf - 857.6 ko - 15/02/2022)

Des supports à l’attention des usagers de l’espace pastoral peuvent être utiles :
-  panneau (format pdf - 285.1 ko - 25/02/2020) (ces panneaux peuvent être demandés par les éleveurs concernés à la DDT de la Loire)
-  plaquette (format pdf - 402.6 ko - 25/02/2020)
- Film "Chiens de protection et randonneurs : besoin d’un décodeur ?"
-  bande dessinée informative (format pdf - 1.7 Mo - 11/08/2020)

Afin de faciliter la cohabitation entre les usagers de l’espace pastoral et les chiens de protection des troupeaux et réduire ainsi les risques d’incidents, un film court et pédagogique a été réalisé dans le cadre du PNA loup et activités d’élevage.
Il permet à chacun d’adopter le bon comportement en présence d’un troupeau et d’un ou plusieurs chiens de protection.