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Infrastructures Vertes et Bleues

 

Utilisation d’un Système d’Information Géographique pour l’expression des enjeux de l’état dans le cadre d’un Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT).
Application au territoire du SCOT Sud Loire
Christine Fournel Chargée d’études
le 25 mai 2007

 

Dans cette étude, le concept d’infrastructures vertes et bleues s’entend comme un ensemble d’espaces naturels reliés et hiérarchisés comprenant les grands axes de déplacement des animaux ou "continuums écologiques", reliant les foyers de nature et de biodiversité, garants de la survie des espèces. Les corridors biologiques se situent dans ces continuums écologiques. Ces derniers ne sont pas identifiés pour chaque animal mais pour des cortèges d’espéces utilisant l’espace selon des modalités communes. Plusieurs grands types de continuums peuvent être ainsi définis avec leurs "espèces emblématiques" :

ContinuumsEspèces emblématiques
Boisement (montagne ou plaine) Chevreuil, sanglier,cerf
Pelouses sèches Orthoptères (sauterelles, criquets), reptiles
Zones agricoles extensives et lisières Lièvre, perdrix, mustélidés, hérisson, musaraigne…mais aussi chevreuil et sanglier
Milieux aquatiques et humides (cours d’eau, plan d’eau, zones humides) Poissons, amphibiens, avifaune, reptiles aquatiques, odonates

SCOT et continuums écologiques :

Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) est un document d’orientations générales portant sur l’organisation de l’espace et de la restructuration des secteurs urbanisés et détermine les grands équilibres entre les espaces urbains et à urbaniser et les espaces naturels et agricoles ou forestiers à l’échelle d’un bassin de vie.

Prévoir les perspectives de développement urbain en tenant compte de ces espaces de déplacements naturels c’est intégrer le maintien de la biodiversité.

Sur le territoire rhône-alpin, de nombreux SCOT sont en cours d’élaboration, la Direction Régionale de l’Environnement de Rhône-Alpes (DIREN) a souhaité établir une méthode d’identification des continuums écologique et des enjeux, à l’échelle d’un SCOT, qui soit transposable à un autre territoire. La DDE de la Loire s’est associée à la DIREN Rhône-Alpes, l’expérimentation a porté sur le périmètre du SCOT Sud Loire.

La méthode développée s’appuie sur les principes de l’écologie du paysage et sur la démarche originale engagée en 2001 par le Conseil Général de l’Isère pour réaliser à l’échelle du 1/25 000 ème une cartographie des corridors écologiques sur l’ensemble du département (REDI). La méthodologie élaborée par le bureau d’études Asconit Consultant repose sur l’utilisation d’un Système d’Information Géographique (SIG) exploitant les bases de données géographiques disponibles dans les services de l’Etat.

Les éléments de méthode :

L’utilisation du SIG permet d’assembler des couches d’informations spatiales existantes, d’en créer, de pondérer l’information en fonction de son importance. A l’issue des traitements, une nouvelle information est crée permettant des exploitations numériques ou graphiques.

Dans le cas présent, les données utilisées (disponibles auprès des services de l’Etat) sont homogènes et complètes sur le territoire étudié.
La construction des différents continuums a été réalisée à partir de la base de données d’occupation du sol Corine Land Cover (échelle 1/100 000). Pour la construction des continuums, le périmètre étudié est considéré comme une mosaïque de milieux de potentialités d’accueil et de perméabilité variables. Le choix a été fait de différencier en appliquant des pondérations différentes :

- Les milieux naturels "remarquables", selon leur valeur écologique et leur pérennité (garantie par des protections réglementaires) sont des concentrations d’habitats favorables aux espèces animales. Ce sont des milieux trés accueillants et très perméables. Leur participation aux continuums varie :
- participation majeure : APPB, Natura 2000, réserve naturelle, espaces naturels sensibles, zone humide RAMSAR… ;
- participation forte : ZNIEFF de type 1, sites majeurs de parc naturel régional ;
- participation significative : ZNIEFF de type 2, ZICO, parc régional.

- Les milieux de "nature ordinaire", milieux ne bénéficiant pas de protection particulière, ont été organisés en 4 classes selon leur perméabilité et leur potentiel d’accueil (illustré par l’exemple du chevreuil) :
- milieux structurants = milieux naturels de bonne qualité, réservoirs de population. Leur perméabilité est totale, ces milieux n’offrent aucune résistance au déplacement (par exemple : un boisement) ;
- milieux attractifs = ce sont les milieux favorables à la présence des espèces, parfois anthropisés, mais présentant une forte perméabilité. Leur coefficient de résistance est faible (exemple : une prairie, un secteur de bocage) ;
- milieux peu fréquentés = peu favorables à la présence d’espèces, ce sont des milieux anthropisés présentant une faible perméabilité, leur coefficient de résistance est important (exemple : une surface agricole intensive) ;
- milieu relais = milieu attractif et peu fréquenté sans lien direct avec un milieu structurant ;
- milieux répulsifs = ces milieux ne sont pas fréquentés par les espèces, ce sont des obstacles au déplacement, leur coefficient de résistance est très fort (exemple : zone d’urbanisation dense, route à fort trafic).

La superposition de l’ensemble des cartographies permet d’identifier les potentialités de déplacement offertes par le territoire toutes espèces confondues.

A cette superposition sont rajoutés les obstacles aux déplacements (mileux urbanisés, Zones d’Aménagement Concerté de 20 hectares et plus, infrastructures), cela permet de repèrer les points de conflits : rupture ou menace de rupture du continuum écologique.

Les résultats cartographiques :

  • Superposition des continuums (format pdf - 1 Mo - 08/01/2007) La superposition des continuums fait bien aparaitre les zones "réservoirs de nature" : Mont du Pilat, Monts du Forez, Monts du Lyonnais ainsi que les différents couloirs qui les relient.

Cette dernière carte permet de repérer :
les points de conflits, l’existence ou non de liens (continuums écologiques) entre les zones "réservoirs", c’est à partir de ce résultat que le travail de définition des enjeux peut être entrepris.


Les limites de la méthode :

Les résultats de la méthode expriment un potentiel dont il convient de vérifier sur le terrain et/ou auprès des acteurs locaux la réalité et la fonctionnalité.
Compte tenu de l’échelle de la base données de l’occupation des sols (1/100 000), la limite d’exploitation visuelle des cartes est le 1/50 000. La superposition de ces cartes sur un fond d’échelle cadastrale est donc formellement interdite.

Christine FOURNEL Chargée d’études - Service Environnement et Aménagement / Cellule Etudes et Planification Stratégiques